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Une histoire du Centre national des arts du cirque

 

En quête d’identité (1982-1990)

1982. La formation constitue l'un des axes prioritaires de la politique menée par le ministère de la Culture en faveur du cirque.

1983. L’association pour la préfiguration d’un Centre national supérieur de formation aux arts du cirque est dirigée par Richard Kubiak, ancien directeur des cirques polonais, assisté de Claude Krespin.

1984. Grâce à la collaboration du ministère de la Culture, de la ville de Châlons-sur-Marne (rebaptisée en 1998 Châlons-en-Champagne), dont le maire est Jean Reyssier, et de la Région Champagne-Ardenne dont le président est Bernard Stasi, grâce aussi à l’entremise de Jack Ralite, le site est choisi : le cirque stable de Châlons, qui date de la fin du 19e siècle, est alors agrandi en 1984.

1985. Le Centre regroupe trois organismes complémentaires : l'Ecole supérieure des arts du cirque, la Section de perfectionnement et de formation professionnelle et le Service de la documentation et de la recherche. 
Le cursus dure quatre années. Il repose sur les techniques de cirque, y compris l’art équestre, les arts frères (musique, danse, jeu d’acteur) et les enseignements généraux (anatomie, langues vivantes…). La première promotion entre en septembre 1985. 
Le lundi 13 janvier 1986, Jack Lang, ministre de la Culture, inaugure le "Centre national supérieur de formation aux arts du cirque" (intitulé d’origine).

1987. Guy Caron, fondateur de l’école nationale de cirque de Montréal au Québec puis directeur artistique du cirque du Soleil, devient directeur du Cnac. 
Le parcours des étudiants est jalonné de nombreuses présentations publiques, dont, en 1988, la participation au festival New circus à Londres et, en décembre, un spectacle mis en scène par Ctibor Turba.

1989. Jean-Jacques Fouché est nommé directeur par intérim. 
Le Cnac participe aux rencontres des écoles de cirque à Auch en 1989 : le partenariat avec le festival Circa ne cessera de s’enrichir.
Les premières années sont difficiles : différentes visions de l’artiste de cirque et de l’enseignement s’affrontent. La place de l’exploit individuel, le rapport des enseignements artistiques aux techniques de cirque sont très discutés. Les étudiants tirent leur épingle du jeu en puisant dans ces différentes approches.

 

 L’art au premier plan (1990-2002)

1990. Bernard Turin devient directeur général. Sculpteur, plasticien, notamment dans le champ de l’art éphémère, et trapéziste amateur, il est à l’origine de l’école de Rosny-sous-Bois. 
Le cursus est scindé en deux cycles de deux ans. Le premier mène au Brevet des techniques du cirque et s’effectue à l’Ecole du cirque de Rosny-sous-Bois. Il permet l’admission au Centre national des arts du cirque pour intégrer un cycle de deux ans menant au Diplôme des Métiers des Arts du cirque (DMA, niveau baccalauréat + 2), suivi d’un trimestre consacré à la production du spectacle de fin d’études. En septembre 1991, la 7e promotion arrive à Rosny. Bernard Turin restera directeur des deux structures jusqu’en 1994. 
Une nouvelle pédagogie est mise en place. Jean Vinet, administrateur de la compagnie de danse Roc In lichen, devient responsable des formations de 1992 à 1998. 
Le Cnac se tourne vers la voie de l’exigence et privilégie la pluridisciplinarité des enseignements. La pédagogie de la reproduction et de la transmission de maître à élève est résolument écartée : l’étudiant se confronte à des intervenants venant de tous les champs artistiques. 
Des expériences pédagogiques sont menées avec le Centre national de développement chorégraphique, le Centre national supérieur d’art dramatique, le Théâtre national de Strasbourg. 
Le spectacle de sortie est l’occasion pour l’étudiant de travailler au sein d’un collectif et au service d’un metteur en scène. En 1998, le dispositif pédagogique est complété par un spectacle de la promotion sortante constitué de présentations individuelles, représentant une unité de valeur dans le diplôme.

1993. Le Cnac s’ouvre au monde : une mission pédagogique part plusieurs semaines à la rencontre d’écoles de cirque en Asie.

1994. Des sessions de formation de formateurs sont organisées jusqu‘en 1996. Plusieurs présentations publiques des étudiants sont organisées avec des stagiaires de la section perfectionnement et de la formation professionnelle.

1995. Le Cri du Caméléon, spectacle de sortie de la 7e promotion mis en scène par Josef Nadj, connaît un retentissement considérable. Ce spectacle tourne de 1996 à 1999, en France et à l’étranger.

1996. Louis Joinet, haut magistrat et président du Conseil national des arts de la piste, devient président du Cnac.

1998. La Cellule d’insertion professionnelle est mise en place avec le soutien de la région Champagne-Ardenne et favorise l’entrée des étudiants dans le métier, notamment à travers la diffusion du spectacle issu du projet pédagogique du Cnac. 
Le Cnac rassemble, dans le cadre du festival Circa, des artistes de toutes les disciplines pour un séminaire sur les écritures artistiques et le cirque, qui donne lieu à une publication. 
Nourrir la recherche et la réflexion est une préoccupation constante du Cnac, qui organise régulièrement des rencontres sur ce sujet comme sur d’autres problématiques de l’artiste. En 2002, le colloque sur la médecine du cirque fera aussi l’objet d’une publication. 
Une irrigation continue : les présentations se succèdent et contribuent à la sensibilisation du public au cirque contemporain. En 1990, les 3e et 4e promotions effectuent une tournée d’été dans le cadre du festival les Arts au soleil. Le Cnac participe régulièrement au festival Furies et se déplace parfois à l’étranger. Ainsi, en septembre 2000, la 13e promotion assure des présentations publiques accompagnées d’ateliers au Red River Revel festival (Etats-Unis). Depuis 1996, les spectacles de fin d’études sont présentés à l’espace chapiteaux du Parc de la Villette à Paris et dans d’autres villes. 
Outre les spectacles de sortie, le Cnac présente régulièrement des spectacles mis en scène ou accompagnés par des créateurs, notamment : Les Nuits Enchantées de Mozart (juin 1991), avec la 4e promotion mise de scène par Mireille Laroche, Dialogue sous chapiteau, présentation de la 6e promotion avec la compagnie Pierre Doussaint (juin 1993), Fragments de désir (1998), présentation de la 10e promotion mise en scène par Moïse Touré, C'est fou c'qu'on meurt de nos jours (juin 1999), présentation de la 14e promotion avec Gilles Defacque.


Nouvelles recherches autour des fondamentaux (2003-2005)

2003. Jean-Luc Baillet, ancien directeur d’HorsLesMurs, et Alexandre Del Perugia, pédagogue, succèdent à Bernard Turin.
La codirection axe son projet sur les fondamentaux du cirque et réorganise le Cnac en pôles : "école supérieure", "ressources recherche", "nomade". La pédagogie porte une attention particulière au travail sur l’espace circulaire, à la relation à l’autre, et réintroduit un apprentissage équestre : le "Cheval partenaire".
Les "Hors pistes", en particulier aux Arcs et à la Seyne-sur-Mer, apportent l’expérience de différents contextes de travail et de rencontre avec le public, cherchent un autre rapport à l’agrès et au mouvement.

2004. La formation continue propose plusieurs formations longues, afin d’accompagner l’artiste et le pédagogue.
De 2004 à 2006, le Cnac développe des actions de sensibilisation des publics aux arts du cirque dans le cadre de la politique de la ville à Saint-Dizier, Sedan, Troyes. "Ecole en piste", projet d’éducation artistique en partenariat avec l’Education nationale, interroge l’articulation entre les jeux enfantins et circassiens. L’expérience fera l’objet du DVD Jeux d’enfance, jeux de cirque.
Dédale, revue trimestrielle de réflexion interdisciplinaire sur les pédagogies des arts de la piste et de la scène initiée par le Cnac, cesse sa parution au n°9, faute de partenaires et de relais de diffusion.
Le calendrier de l’année d’insertion professionnelle change. La création du spectacle de fin d’études est repoussée en juin et est précédée d’une petite forme présentée en décembre : Zooo (2004, 16e promotion, avec Denis Plassard), Trois petits points… (2005, 17e promotion, avec Nikolaus, lui-même issu du Cnac), Figures (2006, 18e promotion, avec Philippe Goudard), Baraque de foire (2007, 19e promotion, avec Serge Tranvouez) ainsi que d’autres créations avec des artistes associés comme Christophe Huysman, Gulko ou Bruno Dizien.

 

Maturité… et nouveaux enjeux (2005-2011)

2005. Jean-François Marguerin, administrateur civil du ministère de la Culture, devient directeur du Cnac. Il a contribué à l’implantation du Cnac à Châlons-en-Champagne, en 1985 alors qu’il était en poste à la DRAC Champagne-Ardenne.

2006. Bernard Latarjet, ancien président du Parc de La Villette, devient président du Cnac.
Le Cnac devient "Pôle associé" de la Bibliothèque nationale de France (BNF) pour ses ressources documentaires, notamment audiovisuelles, constituées de fonds de collectes, de captations des présentations de l’école et de spectacles de compagnies, réalisées à Circa depuis de nombreuses années.
Le Cnac met en place des actions de sensibilisation pour les enfants qui fréquentent des centres sociaux dans le cadre de la politique de la ville de Châlons-en-Champagne, dont le maire est Bruno Bourg-Broc.

2007. L’"Espace chapiteaux" est créé sur un terrain proche du cirque stable. Il sera complété à partir de 2012 par la construction des bâtiments pour les entraînements et l’accueil de résidences.

2008. Le nouveau projet pédagogique, sous l’égide de Gwénola David, conseillère artistique et pédagogique puis directrice adjointe, associe progression technique et développement artistique. Le suivi des enseignements de spécialité et la culture générale sont renforcés, les "essais" et les ateliers d’écriture et de composition (AEC) sont mis en place pour travailler la spécificité des dramaturgies circassiennes.
Le Cnac s’engage dans la définition des nouveaux diplômes en harmonisation avec l’Europe, avec la perspective de l’intégration d’une formation universitaire dans le cadre LMD (licence-master-doctorat).
L’insertion professionnelle est réorganisée. Elle commence par un stage d’immersion dans une compagnie ou une structure culturelle durant la première année du cursus. Elle se poursuit, à l’issue des deux années de formation, en deux phases : la création du spectacle de fin d’études sous la direction d’un artiste invité et la tournée, puis l’accompagnement de projet de recherche personnel ou l’insertion dans des compagnies.
Parallèlement, le Cnac se dote d’une nouvelle politique éditoriale, fondée sur la recherche, la transmission et la pédagogie. Le DVD Le nuancier du cirque et la collection Quel Cirque ?, coéditée avec Actes-Sud, voient le jour. D’autres projets sont en cours.

2009. Le Cnac développe ses relations internationales. Il contribue à l’essaimage du cirque de création par la circulation des spectacles de fin d'études. De grandes tournées internationales accompagnées d’ateliers sont organisées : en Amérique latine, avec la 20e promotion en 2009, en Italie et dans les pays de l’Est, avec la 21e promotion en 2010, au Maroc, avec la 22e promotion en 2011…
Le Cnac initie également des actions de soutien à des pratiques émergentes : en Afrique, avec le développement d’une école de cirque en préfiguration à Bobo-Dioulasso. Il intervient également aussi en tant que conseil pour la préfiguration de l’Ecole de cirque de Sao Paolo au Brésil.

2010. Le Cnac engage un échange pédagogique avec des écoles de cirque russes sur plusieurs semaines dans le cadre des Années croisées France-Russie.

2011. Le cirque stable est entièrement rénové après plus d'un an de travaux. Le Cnac fête ses 25 ans d’activités, à travers une exposition, et inaugure officiellement la réouverture du cirque par une résidence avec d’anciens étudiants qui compose deux spectacles.

2012. Les travaux d’extension du Cnac sur l’Espace chapiteaux sont prévus sur 2012/2013. Ils comportent de nouvelles salles d'entraînement et d'enseignement, des bureaux administratifs et des logements étudiants. Le marché de réalisation des nouveaux bâtiments, sur l'ancienne friche de la Coopérative agricole marnaise, est attribué à l'agence marseillaise ARM ARCHITECTURE/Poitevin Reynaud.
Jean-François Marguerin quitte la direction du Cnac en octobre et Gérard Fasoli lui succède à partir du 17 décembre, après avoir assuré pendant quatre années la direction de l'Ecole supérieure des arts du cirque (Esac) de Bruxelles.

2013. Martine Tridde, Responsable du mécénat Groupe BNP Paribas est élue en janvier présidente du Cnac, après l'expiration du mandat de Bernard Latarjet.
Le chantier des travaux d'extension débute au printemps pour une durée de 12 à 15 mois .

 


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