Théâtre - Approches pédagogiques 2012/2013

 

Coordinateur Mikaël Serre
Son parcours

 

 

"Du jeu de la vie au jeu de l'acteur" avec Norman Taylor

Observer les êtres humains dans leurs comportements, leurs actions et leurs gestes, donnent nourritures aux artistes de scène. Ce stage porte sur le mouvement physique comme base de tout ce que nous faisons et de tout ce que nous sommes. Avant de dire quoi que ce soit, l'être humain bouge et bouge dans le silence. Par la suite, il s'exprime par des mots et, quelque fois, par des paroles. Dans ce stage, nous explorons les mouvements naturels du corps pour explorer les jeux potentiels. Nous recherchons des actions pour analyser l'engagement du corps et l'accomplissement d'une action. Nous voyons les styles de jeu potentiels dans les actions. Il y a des textes à jouer et des textes à écrire. Nous allons créer des acteurs/créateurs. La méthode pédagogique comporte des cours de mouvements, des cours d'improvisation et des temps de création en petits groupes.

Parcours de Norman Taylor
Metteur en scène, auteur et formateur, il suit d’abord des études de pédagogie à l’Université de Bristol avant de s’installer à Paris où, diplômé en jeu théâtral et en pédagogie à l’Ecole Jacques Lecoq, il y devient professeur d’analyse des mouvements, improvisation et préparation aux styles théâtraux de 1983 à 2000. En 2000, il part enseigner, conseiller, mettre en scène et jouer en Europe, en Argentine, aux Etats-Unis et au Canada. Depuis 2008, il enseigne l’analyse de mouvement et l’improvisation-jeu à l'Ecole internationale de théâtre Lassaâd à Bruxelles.


"Du texte à la scène" avec Mikaël Serre

Le temps de création en petit groupe est essentiel afin de se rencontrer les uns les autres. Souvent à la merci de nos propres appréhensions, c’est le moment idéal pour confronter ses idées au collectif. C’est aussi et souvent le premier pas vers la création. Nous travaillerons sur des textes, petites nouvelles ou pièces courtes afin d’avoir un substrat narratif fort sur lequel on puisse prendre appui. Nous nous attacherons particulièrement à la construction dramatique et à son interprétation dans le cadre défini par l’œuvre choisie.

"L'interprète créateur" avec Julie Bérès

Durant ce stage, chacun est invité à approfondir la conscience et la connaissance de ses outils en tant qu’interprète circassien : corps, voix, émotions, imaginaire, réflexion dramaturgique. Le travail part d’états émotionnels extrêmes, en appuyant sur des situations vécues, ou une histoire, ou encore une fiction (qui pourrait être déjà écrite ou bien inventée, imaginée) ou même d’un rêve. C’est de cette rencontre entre un imaginaire (le vôtre) et / ou une mémoire personnelle, que se tissera notre matière théâtrale. L’objectif vise à interroger l’interdépendance entre le corps et ces états émotionnels extrêmes, pour que chacun avec sa sensibilité parvienne à traduire, à transposer ses émotions, par l’engagement du corps, le jeu, la voix, et puisse développer le plus possible sa particularité. Que chacun devienne "auteur" de ses gestes, de ses actions, de ses silences et de son rapport a l’espace. Que chacun devienne créateur de son rôle.

Pour explorer la posture de "l’interprète créateur", chaque étudiant doit choisir des matériaux intimes (textes, images, musiques, objets…) qui pourraient l’inspirer et produire une matière de jeu. L’exploration peut, pour ceux qui le souhaitent, se prolonger sur les agrès, à partir d’une routine qui permet de questionner l’interaction entre les états émotionnels et le corps : sont analysés les allers-retours entre corps, mouvements et émotions :comment le rythme déplace le sentiment, l’émotion, la pensée de l’interprète, et comment les émotions font également varier l’écriture dans la spécialité circassienne.
Cet atelier alterne :
-des séquences théoriques de discussion pour analyser vos "désirs" afin d’élaborer une réflexion dramaturgique cohérente et de ressentir une esthétique, puis de constituer la forme qui nous semblera la plus appropriée pour chacun ;
- des séquences de pratique et d’expérimentation sensible pour l’élaboration de cette forme.

Parcours de Julie Bérès
Née en 1972, Julie Bérès est formée au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris (Promotion 1997). En tant que comédienne, elle a rencontré Ariane Mouchkine et joue dans les mises en scène de Stuart Seide, Jacques Lassalle, Philippe Adrien, Jean-François Peyret, Jean-Yves Ruf, Marc Betton, Christophe Rauck, Charlie Windelschmidt… Elle fonde en 2001 la compagnie Les Cambrioleurs, qui réunit des créateurs issus de différentes disciplines (interprètes, vidéastes, plasticiens, circassiens, marionnettistes), désireux d’affirmer leurs propres langages et les croiser en une écriture scénique originale. Travaillant de plus en plus à partir de sources documentaires et d’expériences, elle revendique un art en prises avec les enjeux de société et développe un théâtre « suggestif », qui s’appuie autant sur le texte, que l’image ou la présence, et procède par digressions, métamorphoses et métaphores. Elle crée Poudre ! (2001) et e muet (2004) au Théâtre national de Chaillot, Ou le lapin me tuera au théâtre Paris Villette en 2003, On n’est pas seul dans sa peau (2006) à l’Espace des Arts, scène nationale de Chalon-sur-Saône. Elle devient artiste associée au Quartz- scène nationale de Brest où elle créée Sous les visages en 2008 et Notre besoin de consolation en 2010, repris tous deux au Théâtre de la Ville de Paris en 2009 et 2010. En janvier 2013, elle créera Lendemains de Fête à la MC2 de Grenoble.
http://www.lescambrioleurs.fr/

"Approche du langage clownesque" avec Juan Cocho

Le stage vise à approcher le travail théâtral par le biais du clown et du rire. Pour cela, nous abordons avec les étudiants de 1re année quelques éléments fondamentaux de ce langage et certains principes permettant de s’orienter dans un travail d’improvisation. Objectif : muscler et développer chez chacun les aptitudes au jeu. Avec les étudiants de 2e année, sur la base du stage déjà effectué l’année passée, nous continuons à pratiquer ce langage et prolongeons le travail vers l’écriture. Avec pour objectif d’écrire pour s’écrire, et faire émerger son propre univers.

Parcours de Juan Cocho
Juan Cocho est né en 1972 de parents immigrés espagnols. Il s’intéresse d’abord au travail social et commence une formation d’éducateur spécialisé avec de jeunes autistes et handicapés moteurs, dans une approche thérapeutique par le corps et le sport. Il fait ensuite l’école du Théâtre National de Strasbourg, et travaille depuis avec notamment Jean-Yves Ruf, Enzo Cormann, Ludovic Lagarde, Eric Lacascade, Stuart Seide, Jacques Robotier, François Verret, Franck Dinet, et sa propre compagnie Le collectif des Fiévreux. Parallèlement, il écrit. Il a publié à l’École des Loisirs et aux éditions théâtrales et, depuis 2005, il a reçu plusieurs bourses d’écriture pour travailler en tant qu’auteur ou comédien à différents projets de théâtre, de clowns et de cirque. Depuis 2009, il développe avec la compagnie Des Plumés et Diane Dugard un cirque de poules savantes qui sillonne la France et joue aussi bien en théâtre, en cabaret, en rue, que sous son propre chapiteau.


"Dramaturgie de l'action" et "L'action de la narration" avec Jean-Pierre Baro

Je conçois la direction d'acteurs comme un accompagnement : il s'agit toujours d'emmener l'acteur vers sa subjectivité, son intimité. De l'aider à projeter cette intimité, cet endroit qui fait de lui un être unique, avec sa voix, son corps, sa présence particulière au monde... Le théâtre est le lieu de cette intimité retrouvée, offerte et partagée (par le jeu, l'écart, la fiction), peut-être finalement le lieu d'une vérité subjective. C'est dans cette perspective-là que le travail s'articule durant le stage. le travail se fait en commun sur une pièce du répertoire contemporain (à déterminer). Chacun doit prendre en charge et mettre en scène un passage, une scène, un moment de la pièce.
Il s’agit donc pour chacun de développer son imaginaire à partir des thématiques puisées dans les différents passages de l’œuvre. Il doit bien sûr pour cela s'appuyer sur sa propre discipline de spécialisation. Dans un second temps, le travail consiste à structurer cet imaginaire pour l'utiliser, le rendre concret et lisible, afin de le mettre au service de l’œuvre. Un des objectifs de ce travail est d’interroger la relation entre performance technique et proposition scénique, afin d’intégrer la technique à l’intérieur de la dramaturgie des scènes abordées.

Parcours de Jean-Pierre Baro
Comédien et metteur en scène, formé à l’ERAC, il joue sous la direction de Jean-Pierre Vincent, Gildas Milin, Thomas Ostermeier, Didier Galas, David Lescot, Romain Bonnin, Enrico Stolzenburg, Gilbert Rouvière, Stéphanie Loïk, Lazare...
Il dirige la compagnie Extime avec laquelle il met en scène l’Epreuve du feu de Magnus Dahlström (Friche de la Belle de Mai), L’Humiliante histoire de Lucien Petit de Jean-Pierre Baro (Odéon/Ateliers Berthier, Théâtre Nanterre Amandiers), Léonce et Léna/Chantier de Georg Büchner (Odéon/Ateliers Berthier), Je me donnerai à toi toute entière d’après Victor Hugo (Théâtre Antique de Vaison-la-Romaine), Ok, nous y sommes d’Adeline Olivier (Studio Théâtre du Vitry). En 2010-2011, il met en scène Ivanov {Ce qui reste dans vie…} d’après Tchekhov (CDN d’Orléans, Théâtre Monfort...), qui tourne en France en 2011-2012. Il participe en 2010 au « directors lab » au Lincoln Center de New York. En 2012 et 2013, il joue dans La liberté pour quoi faire ? Ou la proclamation aux imbéciles d’après Georges Bernanos, sous la direction de Jacques Allaire (Scène Nationale de Sète, Théâtre du Périscope à Nîmes...). En 2012, il est finaliste du programme "Mentor et Protégé" à l'initiative de la Fondation Rolex. Avec Extime Compagnie, il prépare la création de Woyzeck (Je n'arrive pas à pleurer), d'après Büchner, dont la création est prévue en janvier 2013 au CDN Orléans/ Loiret/Centre.
http://www.extimecompagnie.com

"De l'improvisation à l'écriture plateau" avec Séverine Chavrier

Nous cherchons à développer des principes d'improvisation par le geste et/ou par la parole, qui permettent à chacun de s'autoriser une recherche personnelle, une exploration de ses intuitions, obsessions, attractions, passions. Donner ainsi des pistes d'improvisation, mais aussi des acquis de méthode. L'improvisation ne peut être un outil de travail fructueux et riche d'invention que si on en maîtrise les contraintes et les enjeux, le rythme et la nécessité.
Comment ensuite utiliser ce matériau pour une écriture plateau ? Comment tout d'abord repérer ce qui opère dans l'improvisation, puis comment organiser, développer, enrichir, creuser, clarifier la proposition afin qu'elle nous questionne, nous émeuve, nous mette en jeu ? Il s'agit donc dans un deuxième temps de partager des questions scéniques et dramaturgiques, en s'interrogeant toujours ensemble sur le rapport que chacun choisit dans la mise en jeu de soi, dans un rapport plateau-public qui est toujours à réinventer.
L'enjeu est que chacun puisse traverser ces deux moments, aussi courts soient-ils, à partir d'un matériau qui lui est propre et qu'il nous faut trouver ensemble, sans aucun apriori sur la nécessité d'une parole articulée ou d'un corps performatif. Car il nous faut penser le plateau comme un univers à part entière - le leur, visuel, sonore, comme un temps partagé. On essaie ensemble, à notre manière, de prendre la mesure.
L'atelier devrait porter sur le problème de l'aveu, feint, réel, distordu par la mémoire, mis en scène, mis en abîme, caché, imprévu, impromptu, arraché, refusé, parlé, muet, crié, chanté peut-être… A suivre.

Parcours de (Séverine Chavrier)
De sa formation en lettres et en philosophie à ses études de piano et d’analyse musicale en passant par de nombreux stages pratiques sur les planches, Séverine Chavrier a gardé un goût prononcé pour le mélange des genres. En tant que comédienne ou musicienne, elle multiplie les compagnonnages avec Rodolphe Burger, François Verret et Jean-Louis Martinelli, tout en dirigeant sa propre compagnie, La Sérénade interrompue. Elle y développe une approche singulière de la mise en scène, où le théâtre dialogue avec la musique, mais aussi avec l’image et la littérature. Séverine Chavrier construit en effet son expression à partir de toutes sortes de matières : le corps de ses acteurs, le son de son piano préparé, les vidéos qu’elle réalise souvent elle-même, sans oublier la parole. Une parole erratique qu’elle façonne en se plongeant dans l’univers des auteurs qu’elle affectionne. D’abord avec Hanokh Levin pour Épousailles et Représailles, puis aujourd’hui avec J. G. Ballard. Au Festival d’Avignon, on a pu la voir en 2011 dans le spectacle de François Verret Courts-Circuits, et dans un concert d’improvisation avec Jean-Pierre Drouet.


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